La faune de Tamurt ressemble à celle de la Terre à bien des égards, avec des écosystèmes familiers soutenant des herbivores tels que des cervidés semblables aux cerfs tamurtiens, des analogues d’antilopes à sabots et des rongeurs fouisseurs ; des prédateurs, y compris des oiseaux rapaces, des canidés prédateurs et de grands félins analogues, maintiennent l’équilibre écologique, tandis que des charognards comme les coléoptères nécrophages et des créatures marsupiales omnivores recyclent les nutriments. Les rivières et lacs abritent des poissons rappelant les truites et les poissons-chats, des amphibiens similaires aux grenouilles et aux salamandres, ainsi que des crustacés d’eau douce. Les forêts et plaines soutiennent une variété de petits mammifères, de colonies d’insectes et de volées d’oiseaux, formant souvent des réseaux alimentaires complexes.
Malgré ces similitudes générales, Tamurt abrite également des espèces uniques, présentant des adaptations inconnues sur Terre : par exemple, des insectes luminescents qui cherchent leur nourriture la nuit, des herbivores blindés aux carapaces réfléchissantes, et des prédateurs camouflés capables de se fondre parfaitement dans leur environnement. Ces anomalies sont localisées, apparaissant souvent dans des régions isolées ou écologiquement extrêmes, suggérant que la faune de Tamurt a évolué en réponse à des pressions environnementales propres à la planète, donnant naissance à des écosystèmes à la fois familiers et extrêmement originaux.
Les humanoïdes de Tamurt se répartissent en trois grandes catégories selon leur milieu naturel d’origine : les humanoïdes de la terre, associés aux régions terrestres et dont la langue principale est le terreland ; les humanoïdes du ciel, associés aux espaces célestes et aériens et parlant le ciellois ; et les humanoïdes de la mer, liés aux mers, aux océans et aux profondeurs aquatiques, dont la langue traditionnelle est le marinique. Malgré leurs adaptations propres à chaque environnement, ces trois groupes partagent une nature humanoïde commune.
Anciens humain, ibekki
Beluzeb, nouveaux humain, ufrik, waɣzen, teryal, axenfus, afurnu, asewdim
Octopeuple
Les ufriks, du mot kabyle pour « bélier », sont une espèce humanoïde rappelant les satyres, avec un torse humain, un visage expressif, et des membres inférieurs caprins. Leur peau et leur pelage varient selon la génétique et l’habitat : clair, blond ou roux dans les régions chaudes, gris foncé ou brun en montagne. Ils possèdent une musculature harmonieuse, adaptée aux terrains irréguliers. Leur trait le plus visible est leurs cornes, qui croissent tout au long de la vie : courtes et coniques à l’enfance, puis recourbées comme celles des béliers adultes. La forme et le volume des cornes indiquent l’âge, et la couleur des yeux reflète souvent celle des cornes, le vert traduisant leur sensibilité au flus.
Dans leur habitat naturel, ils portent peu de vêtements : leur pelage suffit à protéger et couvrir leur anatomie, si bien qu’ils ne ressentent pas le besoin d’en ajouter. Certains se contentent d’un pagne, d’une ceinture, ou de pièces fabriquées à partir de fibres végétales, de cuir, ou de matériaux locaux façonnés. Les femelles confectionnent parfois des soutiens minimalistes si leurs activités le nécessitent.
Dans les sociétés mixtes ou urbaines, ils savent s’adapter et s’habiller convenablement, mais conservent toujours une forte préférence pour des matériaux doux, respirants et faciles à retirer, à la fois par habitude et pour le confort sensoriel.
Un ufrik qui choisit de vivre parmi les humains s’adapte facilement sur le plan intellectuel et social, mais conserve une sensibilité énergétique constante. Il perçoit les variations du flus même à distance, ce qui influence son humeur et son comportement.

Onyris, saint ufrik de l'Église
Le trait véritablement distinctif des ufriks réside dans leur perception du flus, l’énergie vitale et ambiante du monde. Là où la plupart des êtres vivants ne peuvent la percevoir qu’après un long entraînement au flux, les ufriks la perçoivent en permanence. Ils voient littéralement le flus ambiant comme une brume verte fine et translucide, se mouvant dans l’air, s’accrochant aux surfaces et se mêlant au vent ainsi qu’aux êtres vivants.
Ils perçoivent également le flus interne de chaque créature comme une flamme verte, dont la force et l’intensité varient selon la santé, l’état émotionnel et la force vitale de l’individu. Les ufriks apprennent très tôt à écouter ces sensations énergétiques : durant l’enfance, c’est un jeu ; pendant l’adolescence, c’est un outil d’orientation ou de communication ; à l’âge adulte, c’est un instrument aussi fondamental que la vue ou l’ouïe.
Cette perception extrême du flus rend l’usage naturel du flux instinctif pour eux. Ils n’ont pas besoin d’un entraînement rigoureux pour en comprendre les bases. Le flux est un instinct, une extension sensorielle de leur corps. Certains ufriks développent des talents remarquables, mais même les plus modestes comprennent intuitivement ce que beaucoup d’humains étudient des années durant.
Comportementalement, les ufriks sont pacifiques, curieux, sociables et directs, très sensibles aux émotions et intentions des autres, donnant parfois l’impression de lire dans les pensées. Leur intellect rivalise avec celui des humains, capable de pensée abstraite et apprentissage rapide, bien qu’ils se préoccupent moins des hiérarchies rigides ou des traditions.
Socialement, ils vivent en cercles communautaires, partageant des territoires riches en flus, et prenant des décisions par consensus, guidés par les anciens dont les cornes sont les plus développées et dont la perception du flus s’étend sur des kilomètres. Ces cercles peuvent être sédentaires ou nomades, se déplaçant si le flus local stagne. Leurs habitats de prédilection sont les forêts, montagnes habitées et plaines ouvertes, tandis que les zones urbaines denses sont stressantes à cause du flus perturbé.
Culturellement, les ufriks valorisent l’harmonie avec le flus, la sagesse des anciens et la liberté individuelle. Leur spiritualité est sensorielle, et leurs arts mettent l’accent sur le mouvement, la danse et la modulation collective du flus, produisant parfois des phénomènes lumineux visibles uniquement par d’autres ufriks, lors de célébrations, rites de passage ou activités communautaires.

Pretorz, chef de la plus grosse tribu
Les waɣzens (prononcé « warhzen ») sont une espèce humanoïde colossale, mesurant de trois à quatre mètres de hauteur. Leur nom signifie « ogre » en kabyle. Bien que leur morphologie générale évoque un ogre massif, plusieurs traits rappellent ceux du sanglier. Leur visage est dominé par un large museau flexible, la seule zone molle et un point faible évident. Les mâles possèdent des défenses mandibulaires inférieures, tandis que les femelles ont des défenses maxillaires supérieures, toutes épaisses, courbes et en croissance continue, pouvant servir d’armes naturelles. Deux cornes plates et horizontales émergent du crâne, courtes et denses comme de l’ivoire compact, utilisées pour absorber les impacts frontaux.
La peau des waɣzens est extrêmement résistante, presque imperméable sans force ou équipement spécial, couvrant uniformément tout le corps. Sa couleur varie du gris au vert terne. Même les articulations sont blindées, limitant légèrement la mobilité mais augmentant la résilience, tandis que des plaques rigides se développent naturellement avec l’âge. L’abdomen est profond et musclé, agissant comme stabilisateur et absorbeur d’impacts.
Chez les waɣzens, l’odorat est directement lié à la perception du flus. Ils sont capables de distinguer la signature olfactive de flus propre à chaque individu, mais également d’en percevoir les variations de qualité, d’intensité et d’état. Ils peuvent ainsi reconnaître une personne à son flus, même sans la voir, identifier un flus affaibli, perturbé ou altéré par une blessure, percevoir la présence récente d’un être dans un lieu, distinguer les traces laissées par plusieurs individus ou encore détecter des concentrations anormales de flus dans leur environnement.
Cette sensibilité leur permet également de reconnaître certains liens de parenté, de différencier des espèces ou des populations, de repérer un individu dissimulé et, dans certains cas, de déterminer l’état émotionnel ou physique d’un être grâce aux changements subtils de son flus. Pour un waɣzen expérimenté, chaque flus possède ainsi une empreinte olfactive unique, comparable à une signature invisible permettant d’identifier et d’interpréter les êtres qui l’entourent.
Comportementalement, les waɣzens sont agressifs et impulsifs, privilégiant la force plutôt que la parole, mais restent pragmatiques et intelligents. Ils comprennent les dynamiques de dominance, retiennent les informations pertinentes et peuvent contourner des obstacles simples. La malveillance apparaît surtout lors de conflits intra-groupe ou de négociations sur les ressources. Beaucoup restent semi-sauvages, bien que certains intègrent des aspects de la société humaine. Les groupes sociaux, appelés cercles, sont dirigés par des mâles dominants, avec une hiérarchie basée sur la force, l’expérience, l’odorat et la perception des menaces. Les conflits sont ritualisés, incluant charges de tête et coups d’épaule, permettant de maintenir l’ordre sans mortalité excessive.
Le vêtement traditionnel est fonctionnel : plastron rigide (cuir, os, métal ou hybride), bandages pour bras et jambes, pantalons robustes et ceintures renforcées, souvent ornées de dents ou fragments d’os. Physiquement, les waɣzens sont exceptionnellement forts, capables de soulever des charges extrêmes, de délivrer une force destructrice et de survivre à des coups létaux pour des humanoïdes ordinaires. Leurs principales vulnérabilités sont le museau, leur endurance limitée sur de longues périodes, et leur dépendance à l’odorat, qui peut être inefficace dans certains environnements.
Les ibekkis (prononcé « i- bé-ki »), un terme dérivé du kabyle ibekki signifiant « singe », étaient une espèce de primates humanoïdes aujourd’hui éteinte. Leur apparence générale rappelait celle des singes anthropomorphes, avec une posture bipède stable, une musculature dense mais flexible, et une grande expressivité corporelle. Leur physique était adapté à la fois à la vie arboricole et à la marche prolongée, au combat ou à l’observation immobile. Leurs bras étaient longs, puissants et précis, avec des mains très préhensiles capables de gestes délicats comme d’efforts violents. Leurs pieds étaient larges et partiellement préhensiles, facilitant l’équilibre sur les branches et les terrains irréguliers. Une longue queue, épaisse à la base, jouait un rôle central dans l’équilibre ainsi que dans la communication non verbale, reflétant l’humeur, la tension ou le niveau d’attention de l’individu.
La caractéristique la plus distinctive des ibekkis était la présence de six oreilles, disposées en trois paires de chaque côté du crâne. Chaque paire correspondait à un niveau de perception différent. La première paire permettait l’audition conventionnelle, extrêmement affinée, capable de détecter des sons lointains ou de faibles vibrations. La seconde paire leur permettait de comprendre les autres espèces animales. Il ne s’agissait pas d’un langage structuré, mais d’une perception directe des intentions, émotions et signaux fondamentaux, tels que la peur, l’alerte, l’appel, l’agression ou la curiosité. Cette faculté expliquait la relation étroite des ibekkis avec la faune, vivant rarement en opposition avec elle. La troisième paire, la plus singulière, était consacrée à la perception auditive du flus. Les ibekkis pouvaient entendre les variations, les pulsations du flus et les intentions des gens. Ils étaient capables de percevoir la présence d’un être vivant à travers la résonance de son flus, de distinguer un flus stable ou perturbé, de repérer une concentration inhabituelle de flus dans un lieu ou encore de suivre les mouvements de l'énergie vitale à travers leur environnement. Certains pouvaient également discerner les différences de résonance entre individus, reconnaître un flus familier.

Elios, dernier des ibekkis
Les ibekkis furent créés par Maïhuni, avec la bénédiction de Saïhuni, en même temps que les humains. Leur rôle était celui de compagnons, guides et amis. Ils étaient destinés à accompagner l’humanité dans ses premiers âges, l’aidant à comprendre le monde. Ils ne pouvaient mourir ni de vieillesse ni de maladie, mais ne pouvaient pas non plus se reproduire entre eux. Leur nombre était délibérément limité.
La peau et le pelage des ibekkis variaient selon la génétique et le biome d’origine. Certains avaient un pelage clair, presque blanc ou crème, tandis que d’autres présentaient des tons roux, bruns, noirs ou mixtes. Le visage, le torse ou les mains pouvaient être partiellement dépourvus de poils, laissant apparaître une peau allant de l’ocre au orange profond, parfois marquée de motifs naturels rappelant des masques ou des zones de pigmentation plus dense. Ces variations n’étaient pas purement esthétiques : elles reflétaient l’adaptation fine de l’individu à son environnement.
Les ibekkis possédaient également une capacité unique de métamorphose. Ils pouvaient changer de forme pour adopter celle de tout primate existant, à l’exception des humains. La transformation était complète : squelette, musculature, proportions, capacités physiques et modes de déplacement s’adaptaient à la nouvelle forme. Un ibekki pouvait ainsi devenir gorille, chimpanzé, gibbon, babouin ou toute autre forme simienne connue. Cependant, la transformation n’effaçait jamais entièrement leur identité : certains traits restaient toujours perceptibles, tels qu’un arrangement particulier des oreilles, une teinte de peau persistante, un motif de pelage ou simplement leur perception du wasawi. Cette faculté amena certains chercheurs à considérer les ibekkis non pas comme une espèce ordinaire, mais comme l’incarnation du concept de primate.
À mesure que l’humanité gagnait en puissance, la relation se détériora. Les ibekkis furent d’abord redoutés, puis chassés, et finalement réduits en esclavage. Leur lien avec les animaux, leur capacité de métamorphose et leur faculté d’entendre le wasawi furent perçus comme des menaces. L’espèce fut quasi anéantie. Seule une poignée d’individus survécut, disparaissant progressivement des archives et de la mémoire collective.
Bien plus tard, pendant les onze années d’errance de Saïhuni, l’un de ces survivants réapparut : Elios, le plus jeune des survivants. Après avoir assisté à la mort de ses frères et sœurs, il entreprit de rassembler une armée capable de renverser le Royaume d’Empyrée. Grâce à sa capacité de comprendre et de guider les primates, il réussit à unir presque tous les singes des forêts d’Empyrée contre l’humanité. La guerre dura huit ans et causa d’innombrables morts, tant chez les humains que chez les animaux. À la fin du conflit, les primates triomphèrent du Royaume. Elios tua l’empereur et prit le contrôle de son empire. Cependant, consumé par la vengeance, il ne s’arrêta pas là. Il chercha à faire payer à toute l’humanité le destin de son espèce, dans les cieux comme sur la terre.
C’est dans ce contexte, en –3 avant l’Aluy, que Saïhuni, encore privé de ses capacités divines, monta à Empyrée et découvrit le massacre des peuples du ciel perpétré par les armées d’Elios. Il prit le parti des humains. La bataille finale éclata, entraînant la quasi-destruction d’Empyrée, incluant l’effondrement du nuage lui-même, la chute de la plupart des structures de l’Ancien Royaume, et la disparition de continents entiers de la civilisation céleste. À la fin de la confrontation, Saï’n-flissa fut violemment enfoncée au centre de l’ancienne capitale, perçant le cœur même du nuage. Ce point devint plus tard le lac central de la Grande Forêt d’Automne, le cœur du Royaume actuel. Quant au sort de l’ennemi, la légende prétend que son corps repose encore au fond du nuage, percé ou scellé par Saï’n-flissa. D’autres traditions, plus inquiétantes, affirment qu’il n’est pas mort, mais dort, attend et est maintenu en stase par l’épée elle-même.
Depuis lors, les ibekkis sont considérés comme éteints. Pourtant, avant de disparaître, Elios s'était accouplé avec certains membres de son armée, d’autres primates, donnant naissance à une nouvelle lignée de singes dotés d’intelligence humaine, héritant de la capacité de parler via des modifications biologiques de la trachée et les facultés cognitives nécessaires à la communication complexe. Sa lignée transmet son sang de génération en génération.
Les teryalines, dérivées du mot kabyle Tteryel, signifiant « ogresse », sont une ancienne espèce de géantes colossales exclusivement féminines. Aucun mâle n’a jamais existé parmi elles. Leur population est critique, estimée à moins de vingt individus.
Elles habitent la chaîne de montagnes glacée de Greyshore, plus précisément ses sommets glaciaires, ses crêtes gelées et ses zones inaccessibles d’altitude élevée.
Une teryal adulte mesure entre 50 et 60 mètres de hauteur. Au repos, notamment durant les longues phases de dormance, son corps ressemble à une formation rocheuse, un mur glaciaire ou un amas basal fracturé. Chaque individu possède une morphologie unique, comparable à une sculpture singulière sculptée dans la glace, la pierre et le basalte givré.
Les structures corporelles varient considérablement. Certaines présentent des proportions féminines prononcées, avec poitrine lourde, hanches larges et taille définie, créant une expression amplifiée de l’échelle. D’autres sont minces, sévères, presque émaciées, avec des striations musculaires visibles sous une peau tendue semblable à un minéral. Aucun phénotype standardisé n’existe au sein de l’espèce.
Les vêtements sont quasiment inexistants : leur structure dermique les rend immunisées contre le froid extrême et le vent subzéro.
La peau varie du blanc cendré au bleu gris pâle. Sous la surface, des veines de glace internes émettent un léger scintillement cristallin. Certains individus développent des plaques dermiques durcies le long des épaules, de la colonne vertébrale et des cuisses, ressemblant à de l’écorce gelée ou du basalte recouvert de givre.
Leur caractéristique anatomique la plus troublante se situe dans les orbites oculaires. Celles-ci sont complètement vides. Malgré l’absence d’yeux physiques, leur perception est extrêmement précise. Les témoins rapportent une sensation d’examen intérieur lorsqu’ils se trouvent devant une teryal éveillée.
Leur chevelure est longue, dense et perpétuellement gelée. Les couleurs incluent blanc pur, argent métallique et bleu gris profond. Elle contient souvent des stalactites incrustées, des masses de neige comprimée et des structures cristallines de givre.
L’état de vie principal de l’espèce est un sommeil millénaire prolongé. Les teryalines s’enfouissent dans les flancs montagneux, entrant dans un état semi-fossilisé où glace, roche et chair se confondent visuellement. Des civilisations entières peuvent exister pendant des siècles sans se rendre compte qu’une géante dormante fait partie du paysage.
Le cycle d’éveil est rare, généralement déclenché en plein hiver. Le folklore associe leur premier souffle à la formation de blizzards à grande échelle sur Greyshore. Un seul pas génère des tremblements sismiques mesurables dans les vallées environnantes. Leur voix, émise à courte distance, produit des ondes de choc suffisamment puissantes pour provoquer rupture tympanique instantanée et surdité permanente.
Cognitivement, les teryalines démontrent une intelligence avancée, incluant planification stratégique à long terme, construction de pièges et conscience situationnelle complexe. Leur capacité déterminante est leur maîtrise instinctive du flux : les courants d’air, formations de glace et masses rocheuses répondent à leur présence. Les systèmes de tempêtes s’intensifient autour de leur mouvement, les accumulations de neige changent de façon anormale, et le déplacement glaciaire peut se produire sous influence soutenue.
Historiquement, elles sont créditées comme fondatrices de la Confrérie d'Oz, le premier cercle organisé de sorcières. Cette structure influença plus tard l’institution magique de Tamurt, transmettant des systèmes fondamentaux de sorcellerie via la manipulation du flus. Dans les temps anciens, les teryalines combattaient aux côtés des premiers peuples contre les incursions des daēvas. À mesure que l’expansion humaine s’intensifiait, elles furent chassées et contraintes à l’isolement extrême en altitude.

La reproduction est biologiquement impossible, sans mâles. Toutefois, une reproduction avec des mâles d'autres espèces reste possible, donnant naissance à des individus métissés. Ces descendants héritent généralement de l'apparence physique de l'espèce paternelle, tandis que leur nature et leur proximité au flus demeurent fortement influencées par leur lignée maternelle.
Comportementalement, les teryalines ne sont pas naturellement prédatrices. Elles sont distantes, repliées sur elles-mêmes, et orientées vers la préservation à long terme plutôt que l’expansion territoriale. Leur longue dormance fonctionne à la fois comme protection et retrait.
En plus de leur présence physique et magique, les teryalines possèdent une résonance émotionnelle subtile mais profonde avec leur environnement. Même endormies, les montagnes autour d’elles répondent à leur humeur : pics qui craquent, glaciers qui gémissent, dérives de neige qui se déposent différemment selon les variations imperceptibles d’une géante au repos. Certaines légendes racontent que les voyageurs passant involontairement près d’une teryal endormie ressentent une profonde mélancolie ou un poids inexplicable de l’histoire, comme si la terre elle-même pleurait et se souvenait en harmonie avec elle. Cette résonance s’étend également aux êtres vivants, influençant subtilement le comportement animal et les courants de vent.

Les afṛuxins, dérivées du mot kabyle Afṛux, signifiant « oiseau », étaient une espèce aviaire humanoïde aujourd’hui éteinte, considérée comme l’un des premiers peuples d’Empyrée, apparu aux côtés des humains et des ibekkis après l’Âge des Colosses.
Les afṛuxins étaient des organismes bipèdes de taille humanoïde, dotés d’un squelette léger, d’une musculature développée et d’un corps entièrement recouvert de plumes iridescentes aux teintes cyan, turquoise, bleu cobalt, vert émeraude, violet et doré, dont la coloration variait selon l’angle de la lumière. Leur visage, relativement dépourvu de plumage, était encadré de courtes plumes formant des motifs individuels autour des yeux, tandis que leurs grands yeux leur conféraient une perception chromatique exceptionnelle. Spécialisés dans le vol, leurs membres antérieurs formaient des ailes préhensiles capables de voler tout en manipulant des objets, et leurs membres postérieurs digitigrades se terminaient par des pieds préhensiles griffus leur permettant de s’agripper et de se percher. De longues plumes caudales assuraient le contrôle et la stabilité en vol tout en participant à leur communication corporelle.
La structure sociale des afṛuxins reposait sur une hiérarchie extrêmement ancienne, qui les plaça progressivement au sommet de la société céleste. À mesure que la civilisation d’Empyrée se développa, ils devinrent l’une des composantes majeures de sa haute aristocratie. Les grandes familles afṛuxines accumulèrent terres, richesses, domaines, privilèges et fonctions cérémonielles, vivant dans les quartiers les plus prestigieux de la civilisation céleste. Leur position sociale reposait notamment sur leur ancienneté, leur maîtrise des institutions impériales, leur richesse et leur proximité avec les familles humaines occupant les plus hautes fonctions du royaume. Ils étaient considérés comme des êtres appartenant naturellement aux classes supérieures d’Empyrée, et leur plumage particulièrement éclatant devint progressivement associé au prestige, à la noblesse et à l'ancienneté.
Malgré cette influence considérable, les afṛuxins ne gouvernaient pas directement le Grand Royaume d’Empyrée. Le pouvoir impérial et la souveraineté officielle demeuraient entre les mains des humains du ciel, qui occupaient les fonctions de dirigeants, d’empereurs et de représentants de l’autorité politique. Les afṛuxins avaient néanmoins développé une influence suffisamment importante pour agir derrière les institutions, en contrôlant des réseaux familiaux, économiques, religieux et administratifs. Ils comprenaient parfaitement les mécanismes de la cour impériale et savaient exploiter les rivalités entre familles humaines, les ambitions personnelles et les dépendances économiques. Ils pouvaient ainsi manipuler les dirigeants humains avec une grande facilité, tout en conservant officiellement une position de noblesse plutôt que celle de souverains. Leur pouvoir reposait donc moins sur l’exercice direct de l’autorité que sur leur capacité à orienter ceux qui la détenaient.
Cette influence s’étendait également à la culture d’Empyrée. Les afṛuxins participèrent à la construction des traditions aristocratiques, des cérémonies de cour, des codes vestimentaires, de l’architecture monumentale et des pratiques artistiques du royaume. Leur rapport particulier à la couleur et à la lumière influença profondément l’esthétique de la civilisation céleste. Les plumes iridescentes devinrent notamment un symbole de statut social, certaines familles développant des parures, coiffes et ornements destinés à reproduire les couleurs changeantes de leur plumage naturel. Chez les individus les plus riches, la possession d’objets reproduisant les nuances particulières d’une lignée afṛuxine pouvait même constituer une marque de prestige.
Les afṛuxins entretenaient toutefois une relation beaucoup plus complexe avec les ibekkis. Bien que les trois espèces aient coexisté dès les premiers âges d’Empyrée, les différences biologiques et sociales entre elles alimentèrent progressivement des tensions. Les ibekkis occupaient une position radicalement différente dans la société céleste et furent progressivement considérés comme des êtres dangereux, primitifs ou incompatibles avec l’ordre impérial. Les afṛuxins, installés au sein de l’aristocratie, participèrent à cette transformation idéologique. Leur influence auprès des élites humaines contribua à normaliser la marginalisation des ibekkis, puis leur exclusion et leur persécution.
Une partie de l’aristocratie afṛuxine participa ainsi, directement ou indirectement, aux événements qui conduisirent au génocide des ibekkis. Certains soutinrent les politiques visant à les contrôler, d’autres profitèrent de leur disparition, tandis que plusieurs familles contribuèrent activement à la propagande présentant les ibekkis comme une menace pour l’ordre d’Empyrée. Tous les afṛuxins ne furent cependant pas nécessairement impliqués de la même manière : l’extinction des ibekkis résulta d’un ensemble de décisions politiques, militaires et sociales dans lesquelles les élites humaines et afṛuxines jouèrent des rôles différents. Le résultat fut néanmoins le même : une espèce autrefois considérée comme l’une des populations fondatrices d’Empyrée fut presque entièrement anéantie.
Cette disparition devait finalement provoquer la chute des afṛuxins eux-mêmes. Des siècles plus tard, Elios, dernier survivant des ibekkis, rassembla une armée de primates et entreprit de renverser l’ordre impérial. Après avoir vaincu le pouvoir humain et pris le contrôle de son empire, il ne limita pas sa vengeance aux seuls responsables directs de la persécution de son peuple. Son armée se retourna contre les peuples du ciel, frappant les différentes populations qui avaient participé à la civilisation d’Empyrée. Les afṛuxins, en raison de leur association historique avec l’aristocratie céleste et de leur implication dans la persécution des ibekkis, furent particulièrement exposés au massacre. Les afṛuxins disparurent alors presque entièrement de l’histoire. Leur ancien statut d’aristocrates, leurs lignées et leur influence politique ne survécurent que sous la forme de ruines, de représentations artistiques, de fragments généalogiques et de récits contradictoires.
Les octopersonnes constituent une branche distinguée des humanoïdes marins, issue d’une exposition prolongée à des concentrations denses de flus dans les profondeurs des océans de Tamurt. Comme leurs cousins parmi les humanoïdes marins, ils ont évolué à partir d’espèces ancestrales de l’ordre Octopoda, divergeant progressivement jusqu’à devenir autre chose : ni pieuvre, ni humain, mais des cousins conscients, façonnés par les flus.
Au fil des générations, leur corps s’est adapté à une structure humanoïde tout en conservant l’élégance indéniable de leur origine. Une octopersonne possède un torse défini et une posture verticale, mais sa physiologie demeure profondément céphalopode. Sous une épaisse moustache de tentacules sensoriels se cache une bouche équipée d’une trachée, d’une langue flexible et de cordes vocales pleinement développées, permettant une communication verbale articulée. Dans ce même voile de tentacules se trouvent deux fines ouvertures nasales reliées à des poumons fonctionnels. Bien qu’ils conservent des branchies pour respirer sous l’eau, ils peuvent respirer l’air directement, ce qui les rend à l’aise tant dans les profondeurs océaniques que dans les colonies côtières.
Leur apparence reste proche de celle de leurs cousins octopodes. Un mantlet large et expressif couronne la tête, souvent marqué par des motifs subtils de chromatophores. Sous le nez s’étendent plusieurs tentacules-moustaches proéminents, accompagnés de tendrils plus fins partiellement recouvrant la bouche. Au lieu de deux bras, ils possèdent quatre tentacules supérieurs capables de manipulation fine, de maniement d’armes blanches et de travaux délicats. Leur partie inférieure est soutenue par huit tentacules locomoteurs, permettant des déplacements fluides sur terre et une agilité inégalée sous l’eau. Lorsqu’ils sont immobiles, ils semblent ancrés et posés ; en mouvement, ils fluident comme l’encre dans l’eau.
Parmi les humanoïdes marins, les octopersonnes sont reconnus pour leur intelligence exceptionnelle. Cependant, cette suprématie intellectuelle ne s’est pas imposée pacifiquement. Aux premiers âges de l’évolution marine, ils affrontèrent de longs conflits avec les premiers humanoïdes dauphins, êtres d’intellect comparable mais beaucoup plus cruels et sadiques. Ces confrontations façonnèrent profondément leur culture. Contraints de s’adapter, ils développèrent une maîtrise extraordinaire du sabre. Leurs multiples membres offraient une couverture défensive supérieure et permettaient des schémas offensifs complexes, impossibles pour des adversaires à deux bras. Grâce à la discipline, à la coordination et à une brillance stratégique, ils finirent par l’emporter.

Après cette victoire, les octopersonnes occupèrent un rôle de leadership au sein de la société des humanoïdes marins, gouvernant aux côtés des baleines humanoïdes et de plusieurs espèces de poissons humanoïdes avancées. Leur style de direction privilégie les conseils structurés et la prévision stratégique.
Sur le plan culturel, ils développèrent une philosophie guerrière rappelant le bushido. L’honneur, la retenue, la perfection technique et la loyauté envers l’harmonie collective définissent leur éthique. Ils sont largement considérés comme les meilleurs sabreurs de tout Tamurt, maîtrisant d’innombrables styles de lames, techniques multi-lames et systèmes de combat hybrides terrestre‑sous‑marin. Leurs forges produisent des sabres en titane et alliages rares non corrosifs, choisis pour résister à la fois au sel et au temps.
Contrairement à de nombreux humanoïdes marins, les octopersonnes avaient historiquement peu de notions de pudeur. Le contact prolongé avec les humains leur fit découvrir la nudité et la bienséance sociale. Lors de déplacements terrestres ou dans des colonies humaines, ils adoptèrent des vêtements : robes superposées, ceintures et harnais conçus pour leurs multiples membres. Ces habits servent moins à cacher le corps qu’à faciliter la diplomatie et la médiation culturelle.
Aujourd’hui, l’octopeuple coexiste harmonieusement et occupe un rôle de direction influent au sein de la société des humanoïdes marins. Il supervise l’organisation politique et stratégique des communautés sous-marines, assure la formation des jeunes guerriers, et encadre les échanges commerciaux et culturels entre les différentes espèces marines.
Les axenfusen, du mot kabyle signifiant « coléoptère », sont une espèce humanoïde grande et élancée, distinguée par son exosquelette complexe, son anatomie singulière, et une civilisation profondément centrée sur la médecine, la connaissance du corps et l’étude de l’équilibre vital.
Les axenfusen mesurent entre deux et trois mètres de hauteur, bien que leurs proportions allongées les fassent paraître encore plus grands. Leur silhouette est définie par six bras extrêmement fins disposés le long du torse supérieur et deux longues jambes permettant une locomotion fluide et contrôlée. Chaque bras se termine par une main à cinq doigts, mais la caractéristique la plus remarquable réside dans leurs articulations extraordinairement complexes. Leurs articulations sont composées de segments rotatifs superposés permettant des angles, torsions et plis impossibles pour la plupart des humanoïdes. Les axenfusen peuvent repositionner leurs membres avec des mouvements précis et fluides, leur permettant d’effectuer des manipulations délicates, des gestes chirurgicaux fins ou un artisanat complexe avec une précision exceptionnelle.
L’ensemble de leur corps est recouvert d’un exosquelette chitineux dense, semblable à celui de grands coléoptères. Cette armure naturelle est composée de nombreuses plaques rigides appelées sclérites, reliées par de fines sutures flexibles. Ces sutures permettent au corps de conserver sa flexibilité tout en assurant une protection structurelle extrême. L’exosquelette fonctionne comme une armure naturelle permanente, protégeant le corps des chocs, des coupures et des risques environnementaux.
Sous cette coque protectrice se trouve le véritable corps, doux, pâle et physiquement fragile. En raison de cette vulnérabilité, l’exosquelette sert non seulement de protection, mais aussi de couche structurelle externe dissimulant l’anatomie interne. L’armure peut s’ouvrir en segments articulés, à l’image des élytres d’un scarabée. Les plaques du thorax, de l’abdomen et des côtés du torse peuvent se séparer et se déployer, révélant la peau intérieure délicate. Ce mécanisme est généralement utilisé pour le charme, le soin ou l’inspection médicale, et est rarement exposé en public.
Grâce à une armure naturelle aussi efficace, les axenfusen portent rarement des vêtements. Leur exosquelette remplit lui-même le rôle de protection, d’identité et d’expression visuelle. La coloration de la coque varie largement entre les individus, affichant des tons de vert émeraude, bronze, cuivre, bleu cobalt, noir obsidien ou ambre doré. De nombreuses coques présentent des reflets irisés, changeant subtilement selon la lumière, comme la surface polie des carapaces de scarabée. Dans un environnement ou biotope donné, cependant, les individus partagent souvent des palettes de couleurs similaires, formant des variations régionales reconnaissables.
La structure de la tête est plus humaine que le reste du corps. La peau faciale exposée est généralement pâle, blanc os ou gris très foncé, créant un contraste frappant avec la coque colorée. Du front émergent deux longues antennes flexibles, constamment en mouvement dans l’air. Ces antennes constituent les organes sensoriels principaux de l’espèce. Elles détectent les signaux chimiques, les courants d’air, les variations de température, les phéromones émotionnelles et les vibrations infimes. Grâce à elles, les axenfusen peuvent percevoir le stress, la peur, les blessures ou la maladie chez les individus proches. En raison de ce système sensoriel très développé, ils s’appuient beaucoup plus sur leurs antennes que sur leur vision.

Casiir, éminente doctoresse de Pocrion
Leurs yeux sont ocellés, ce qui signifie qu’ils fonctionnent comme de simples organes sensibles à la lumière plutôt que comme des yeux formant une image complexe. Ces yeux ocellés sont extrêmement sensibles à la luminosité, rendant l’exposition directe à une lumière intense douloureuse et désorientante. Pour cette raison, les axenfusen ont développé une tradition culturelle distinctive : l’usage de masques crâniens. Ces masques couvrent la partie supérieure de la tête et s’élèvent en une structure cylindrique haute, ressemblant à une couronne élevée. Deux ouvertures permettent aux antennes de passer librement.
Ces masques ne sont pas de simples accessoires. Chacun est soigneusement fabriqué par les parents durant les premières années de la vie d’un enfant. Les matériaux et les couleurs sont choisis pour harmoniser avec les teintes naturelles de l’exosquelette de l’individu. Au fil du temps, le masque devient à la fois un dispositif protecteur et un symbole d’identité personnelle. De nombreux axenfusen continuent de modifier ou renforcer leur masque à l’âge adulte, mais la pièce originale est rarement abandonnée.
Malgré leur apparence imposante et armurée, la culture des axenfusen ne se centre pas sur la guerre ou la conquête. Au contraire, leur civilisation s’est développée autour de la médecine, de la conscience corporelle et de l’étude des processus vitaux. Au fil des siècles, ils ont créé un système sophistiqué décrivant l’équilibre interne du corps. Selon leur compréhension, le corps contient des réseaux de voies vitales à travers lesquelles circulent énergie, sang, souffle et impulsions nerveuses.
Ils ont identifié des centaines de points sensibles dans tout le corps où ces flux internes se croisent. Ces points vitaux peuvent être stimulés par pression, insertion d’aiguilles, percussion contrôlée, chaleur ou massage rotatif précis. Stimuler ces points peut restaurer l’équilibre, réduire la douleur, accélérer la guérison ou réguler les fonctions corporelles.
Leurs six bras et leur précision articulaire rendent les axenfusen particulièrement adaptés à cette discipline. Un praticien expérimenté peut manipuler plusieurs points simultanément, effectuant des séquences thérapeutiques complexes qui nécessiteraient plusieurs guérisseurs chez d’autres espèces. Les traitements combinent souvent massages profonds, exercices respiratoires contrôlés et longues périodes de méditation assise. Pendant ces séances, le guérisseur et le patient se concentrent sur la restauration de l’équilibre des systèmes internes du corps.
Les guérisseurs axenfusen ont progressivement voyagé à travers Tamurt, étudiant l’anatomie d’autres peuples et adaptant leurs techniques à différentes physiologies. Avec le temps, leurs connaissances médicales se sont largement répandues. De nombreux principes fondamentaux de la médecine organisée sur Tamurt proviennent des recherches des axenfusen, y compris l’étude des points vitaux, les soins préventifs, l’équilibre corporel et les pratiques de guérison holistique.
Dans leur tempérament, les axenfusen sont généralement calmes, méthodiques et observateurs. Leur reliance sur la perception via antennes favorise une conscience environnementale constante et une sensibilité à l’état émotionnel des autres. Ils agissent rarement impulsivement et tendent à résoudre les conflits par un dialogue mesuré, des gestes rituels, ou des démonstrations contrôlées de retenue plutôt que par la violence ouverte.
Physiquement, ils possèdent de fortes avantages défensifs grâce à leur exosquelette durable, capable de résister à d’importants impacts et coupures. Cependant, leur plus grande vulnérabilité reste leur corps interne mou, caché sous l’armure. Si la coque est brisée, forcée ou endommagée le long de ses sutures, les tissus internes sont extrêmement fragiles.
La formation médicale chez les axenfusen est exceptionnellement longue, très structurée, et extrêmement exigeante. Dès le jeune âge, certains individus manifestent une sensibilité inhabituelle dans leurs antennes et une précision remarquable dans leurs mouvements, qualités essentielles pour la pratique de la médecine avancée. Ces enfants sont rapidement identifiés et confiés à des maisons de savoir spécialisées, où ils passent de nombreuses années à étudier la comparative anatomie, la circulation des flux internes, et à observer attentivement les signes les plus subtils du corps. Leur éducation combine une instruction théorique rigoureuse avec un entraînement tactile intensif : les étudiants consacrent d’innombrables heures à mémoriser l’emplacement exact des points vitaux, à apprendre la manipulation délicate des tissus, et à maîtriser les séquences thérapeutiques complexes utilisées sur de nombreuses espèces.
Ce parcours, cependant, n’est pas entièrement volontaire. Parce que les axenfusen sont fiers de leur réputation comme les premiers médecins de Tamurt, ceux qui démontrent un fort aptitude naturelle sont souvent fortement encouragés, parfois même discrètement contraints par les attentes familiales, le devoir social, et la pression communautaire à suivre cette discipline. La préservation de leur maîtrise médicale est considérée comme une responsabilité collective, assurant que l’espèce conserve son rôle unique à travers Tamurt.
Les afurnus sont une espèce humanoïde reconnaissable à leur peau rouge, leurs cornes évolutives et leur nature thermique profondément ancrée. À la naissance, leur peau est d’un rouge clair, presque rosé, et leurs cornes sont très petites, à peine visibles. Avec l’âge, leur apparence se transforme progressivement : la peau s’assombrit vers des teintes rouges profondes, parfois presque noires, tandis que les cornes grandissent, s’épaississent et se courbent, devenant un marqueur direct de l’âge et de la puissance de l’individu. Leur morphologie est élancée, nerveuse, avec une musculature sèche et réactive. Leurs traits sont marqués, leurs yeux souvent lumineux, et leur posture légèrement inclinée vers l’avant donne une impression constante de tension, comme si leur corps contenait en permanence une énergie prête à se libérer. Chez les individus les plus âgés, la peau peut présenter des motifs sombres, proches de brûlures internes ou de veines thermiques, signes visibles de leur activité interne.
La caractéristique centrale des afurnus réside dans leur organe thermique interne, capable de transformer le flux en chaleur. Cet organe fonctionne littéralement comme un four biologique, produisant une énergie thermique constante qui circule dans tout leur corps. Grâce à cela, ils possèdent une tolérance extrême aux flammes, au feu et aux températures élevées, rendant des environnements mortels pour d’autres espèces presque inoffensifs pour eux. Cette chaleur interne peut être utilisée pour alimenter leur flux, permettant le développement de capacités liées au feu, comme la manipulation thermique, la combustion, ou la projection de chaleur. Cependant, certains afurnus développent une maîtrise fine et précise, tandis que d’autres restent dans une utilisation plus instinctive, voire instable.

Avec le temps, la production de chaleur augmente de manière continue et irréversible. Plus un afurnus vieillit, plus son organe thermique intensifie la transformation du flux en chaleur, ce qui entraîne une augmentation directe de sa puissance. La vieillesse est donc synonyme de force accrue, de flux plus dense et de capacités amplifiées. Mais cette progression a un coût : le corps finit par atteindre un seuil critique où il ne peut plus contenir cette énergie. L’individu entre alors dans un processus d’auto-consumation, où sa propre chaleur interne devient destructrice. Historiquement, cela limite leur espérance de vie à environ 40 ans, bien que certaines avancées technologiques aient permis à certains d’atteindre 60 ans en ralentissant ce phénomène. La fin d’un afurnus est une surcharge thermique, une combustion interne progressive, où la puissance accumulée finit par détruire le corps lui-même.
Sur le plan biologique, leur organisme est parcouru de canaux thermiques comparables à des vaisseaux secondaires, permettant de redistribuer la chaleur dans tout le corps afin d’éviter une accumulation localisée trop rapide. Ces canaux peuvent être volontairement sollicités, donnant aux afurnus la capacité de concentrer la chaleur dans certaines parties de leur corps, notamment les mains, les avant-bras ou le torse, ce qui renforce leurs attaques ou leur résistance. Chez les individus expérimentés, cette redistribution devient un véritable art corporel, où chaque mouvement est optimisé pour canaliser, libérer ou retenir l’énergie thermique. Toutefois, une mauvaise gestion peut provoquer des ruptures internes, visibles sous forme de fissures sombres sur la peau.
Socialement, les afurnus vivent dans des environnements où la chaleur ambiante élevée est non seulement tolérée mais recherchée. Ils privilégient les régions volcaniques, désertiques ou les zones à forte activité énergétique, où leur corps peut fonctionner sans contrainte. Leurs habitats sont construits avec des matériaux capables de résister à des températures extrêmes, souvent sombres, denses et conducteurs de chaleur. Ils intègrent le feu à leur quotidien, que ce soit pour communiquer, ritualiser ou simplement exister. La proximité constante de la chaleur influence leur comportement, les rendant globalement intenses, directs et peu enclins à la retenue émotionnelle.
Leur culture est profondément marquée par la notion de montée en puissance et d’acceptation de la fin. Contrairement à de nombreuses espèces, ils ne cherchent pas à éviter la mort, mais à retarder suffisamment leur fin pour atteindre un état de maîtrise maximale. Les individus les plus respectés sont ceux qui parviennent à maintenir un équilibre stable entre puissance thermique et contrôle, sans sombrer prématurément dans l’auto-consumation. Certains développent même des techniques visant à ralentir la combustion interne, en dissipant leur chaleur dans l’environnement ou en la stockant temporairement dans des objets imprégnés de flux.
La fin d’un afurnus, appelée parfois l’embrasement, n’est pas toujours perçue comme une tragédie. Dans certains groupes, elle est considérée comme l’aboutissement naturel d’une vie, un moment où l’individu atteint son point maximal d’intensité avant de disparaître. Selon les cas, cela peut se traduire par une combustion silencieuse, où le corps se consume lentement, ou par une libération brutale d’énergie, laissant derrière elle des traces vitrifiées, des cendres ou des zones marquées par une chaleur résiduelle persistante.

Dominance Uth, chief of the Beluzeb Clan
Les beluzeben n’apparaissent que très rarement dans les sources historiques suivant l’Âge des Colosses, et les quelques textes survivants sont fragmentaires et contradictoires. Toutes les informations à leur sujet proviennent d’interprétations ultérieures de ces documents rares, suggérant que la connaissance à leur propos avait déjà disparu au moment où ces écrits furent rédigés. La plupart des récits décrivent un petit clan, rarement plus d’une vingtaine de membres, dont le silence inhabituel, les coutumes et l’apparence cérémonielle laissaient une impression forte sur les sociétés qui les rencontraient.
Certaines témoignages, souvent conservés par leurs victimes ou observateurs, décrivent des éléments considérés comme appartenant à la culture cérémonielle beluzeb. Le chef portait selon eux un maquillage rouge autour des yeux, un grand kimono blanc à intérieur rouge richement décoré d’or, des épaulettes dorées sculptées de motifs ornés, les jambes et les pieds recouverts d’armures dorées, et des cordons rouges attachés sur le torse dans un style décoratif traditionnel. Les mêmes sources mentionnent fréquemment des masques, censés représenter des esprits, démons, ou identités vaincues. Les érudits interprètent ces objets comme des symboles que le porteur aurait vaincu, honoré, ou peut-être emprisonné l’âme de l’être représenté. Les masques étaient probablement utilisés lors de rituels, de danses sacrées, ou de cérémonies de guerre.
Selon les archives, la révolte menée par Elixym Phytnesse força les beluzeben à abandonner leurs mines de flussacite, après quoi ils disparurent complètement. Aucune observation confirmée n’a jamais été enregistrée à nouveau, et les ruines des mines abandonnées sous Gildburner restent les seules traces physiques attribuées à cette espèce. Au fil des siècles, les savants débattirent de leur origine : certains historiens hunnites spéculaient qu’ils pouvaient être des parents lointains des daēvas, effacés par les Hunis eux-mêmes, tandis que d’autres croyaient que leur mémoire avait été volontairement effacée des archives historiques par peur de leur influence. Avec la disparition de la flussacite et l’absence de spécimens survivants, ces théories restent impossibles à vérifier.
Les beluzeben, dont le nom provient du mot hunnique signifiant funèbre, émergent parmi les premières espèces aux côtés des humains et des ibekkis après l’Âge des Colosses. Dès la naissance d’un beluzeb, sa peau est entièrement vantablack, absorbant toute la lumière ambiante, et il n’a besoin ni de nourriture, ni d’eau, ni de sommeil. Cette peau noire effectue un véritable processus photosynthétique, transformant la lumière du soleil en énergie stockable. Une seule journée au plein soleil produit suffisamment d’énergie pour durer trente jours. Sans lumière, la peau s’éclaircit progressivement, atteignant un blanc ultra en dix jours. Pendant cette période, le beluzeb entre dans un état végétatif, totalement inconscient et immobile, sans toutefois mourir. Il attend simplement la prochaine exposition au soleil pour revenir à la vie.
Leurs yeux possèdent une caractéristique unique : la vision radioptique. L’iris d’un beluzeb est presque entièrement vantablack, absorbant toute lumière ambiante, sauf de fines stries rayonnant de la pupille vers le blanc de l’œil, restant noires par défaut. Pour percevoir une couleur spécifique, ces stries se pigmentent, couvrant toutes les autres couleurs. Elles absorbent et « éteignent » les photons des couleurs indésirables, laissant passer uniquement la couleur ciblée. La pupille ultra-blanche diffuse ensuite cette lumière filtrée sur la rétine. Vu de l’extérieur, l’œil apparaît comme un noyau blanc irradiant de fines rayons multicolores, à l’exception de la teinte choisie, donnant au beluzeb une apparence surnaturelle et étrange.
En plus d’une physiologie similaire à celle des humains, les beluzeben ne peuvent utiliser le flux pour améliorer leurs capacités physiques. Chaque beluzeb possède cependant un talent inné de flux, nommé Monochrome, lui permettant de modeler la lumière en volumes tangibles. En manipulant son flux, il crée des structures translucide et solides. Ces structures attirent les photons environnants, qui adhèrent à leur surface et se solidifient, leur lumière revenant continuellement aux yeux de l’observateur, apparaissant comme un blanc pur et uniforme, sans couleur ni texture. Grâce à ce pouvoir, un beluzeb peut interagir directement avec l’espace, créant des surfaces marchables en plein air, érigeant des murs ou des barrières, ou posant des pièges et obstacles. Des armes peuvent également émerger de la lumière, y compris lames, projectiles, et outils tranchants, et le camouflage devient possible en restant parfaitement immobile.
Lorsque les beluzeben développent la variante noire de Monochrome, ils peuvent créer des formes de flux se comportant différemment de la lumière. Au lieu de capturer des photons à leur surface, ces formes absorbent toute lumière entrante, formant une masse dense vantablack qui engloutit toute lumière et détruit tout ce qu’elle touche. Cette capacité leur permet de façonner des ombres pures comme des volumes tangibles et destructeurs, aussi précis et contrôlés que leur maîtrise de la lumière.
À leur naissance, le nuage d’Empyrée recouvrait toute la surface de Tamurt, limitant drastiquement la lumière du soleil. Seules quelques zones fines laissaient les beluzeben absorber un minimum de lumière. Tous convergèrent là, formant le clan des beluzeben, d’environ cinquante individus. Cette période fragile fut brève : chaque fois qu’Empyrée se compactait, les beluzeben périssaient un par un, laissant des cimetières de statues ultra-blanches, figées entre vie et mort.
Une décision collective des plus jeunes poussa le clan à quitter la zone de lumière et à chercher le soleil. Une trentaine entreprirent ce long voyage périlleux. Après plus de vingt jours et plusieurs pertes, seuls quatre survivants découvrirent la flussacite, un minéral de flux cristallisé capable de prolonger la vitalité lorsqu’il est ingéré ou inhalé, remplaçant partiellement le besoin de lumière. Les quatre retournèrent pour apporter la flussacite aux statues de leurs congénères. Seuls six beluzeben furent réanimés, restant blancs, tandis que les autres, déjà statufiés, se désintégrèrent en pétales blancs fanés, morts pour toujours.
Lorsque Empyrée devint totalement opaque, les dix beluzeben restants dépendirent entièrement de la flussacite. Les trois femelles restantes, précédemment statufiées, étaient désormais stériles et, comme les autres beluzeben, possédaient la variante noire de Monochrome, capable de façonner ombres et noir pur.
En raison de leur petit nombre et de leur dépendance à la flussacite, le clan devint méfiant envers les étrangers et surprotecteur les uns envers les autres. Leur besoin de flussacite s’intensifia, car chaque dose pour recharger leur flux s’épuisait plus vite sans soleil. Une hostilité latente et une violence sous-jacente bouillonnaient. Dans ce contexte, ils établirent des camps miniers, utilisant leur maîtrise avancée du flux pour forcer les humains à extraire la flussacite. Ceux ayant connu la mort statufiée retrouvèrent une pigmentation anthracite ou grise, sauf Dominance Uth, dont l’iris devint blanc et la peau resta pâle. Malgré sa jeunesse, son leadership et sa maîtrise des deux formes de Monochrome firent de lui naturellement le chef du clan. Avec deux compagnons intelligents et fidèles, Dominance conçut un plan pour construire un vaisseau capable de percer ou même de détruire Empyrée.
Découvrant le potentiel énergétique immense de la flussacite, le clan captura des humains pour exploiter massivement la flussacite et les métaux rares dans des conditions épuisantes. Dominance priorisa la construction du vaisseau sur leur consommation personnelle, sachant que c’était leur seule chance de survie à long terme. Sans flussacite suffisante, les beluzeben commençaient à s’affaiblir, tandis que les réserves des mines diminuaient, les forçant à creuser toujours plus profond et provoquant des victimes humaines.
Finalement, les beluzeben affrontèrent une rébellion humaine menée par Elixym Phytnesse, surnommé « le Clément ». Un beluzeb mourut au combat, et le clan fut chassé, plutôt que massacré. Fuyant, Dominance mena le clan vers la cache du vaisseau, où des réserves abondantes de flussacite les attendaient. Lorsque le beluzeb le plus faible, second ingénieur, tenta de consommer le stock, Dominance le foudroya instantanément, formant une sphère d’ombre qui transperça son crâne et engloutit la matière sur son passage. Les autres restèrent figés, les yeux rivés sur Dominance, obéissant sans hésitation.
Suivant ses ordres, ils chargèrent les réacteurs et canons du vaisseau avec de la flussacite. Dominance prit le contrôle total, lançant le vaisseau verticalement vers Empyrée et frappant le nuage avec force pour créer une brèche. Avec un équipage au bord de l’effondrement, animé par la haine et une détermination implacable, Dominance sauva son clan contre toute attente. La lumière du soleil inonda les fenêtres, restaurant progressivement leur vitalité. Les beluzeben disparurent ensuite dans les profondeurs de l’espace, vivants et puissants.

Les asewdims, un terme kabyle signifiant “vampire”, constituent une espèce humanoïde distincte, issue d’un ancien peuple humain de Tamurt.
Leur apparence reste globalement humaine mais présente des modifications identifiables. Leur peau est anormalement pâle, et leurs iris sont rouges permanents, saturés de sang modifié. Leur musculature est dense et efficace, leur conférant une force et une endurance supérieures à celles d’un humain au sommet de sa condition physique.
La caractéristique anatomique la plus visible est l’allongement des canines, qui se sont transformées en crocs creux fonctionnels, reliés à une base musculaire permettant une extraction active de sang. La longueur des crocs varie selon l’état de faim. Lors de privation sévère, ils s’allongent et se pointent, devenant des armes offensives primaires.
Une fois nourri, un asewdim rétracte partiellement ses crocs, ce retrait étant biologique, lié à l’équilibre métabolique, et non volontaire.
Les asewdims possèdent une régénération cellulaire accélérée. Les plaies se referment rapidement, les fractures se réparent efficacement, et les organes se régénèrent même après de graves traumatismes. Ils ne contractent pas de maladies naturelles et ne présentent pas de vieillissement biologique fonctionnel.
Cependant, une exception critique existe : leurs canines ne se régénèrent pas. Si un asewdim perd ou endommage définitivement ses crocs, il perd sa capacité à se nourrir efficacement. Comme sa survie dépend de l’ingestion régulière de sang pour compenser l’évaporation constante de son organisme, leur perte entraîne une famine progressive, une déshydratation interne et finalement la mort. La destruction des crocs constitue donc l’un des moyens les plus efficaces de condamner un asewdim.
Le cœur de leur physiologie repose sur un sang thermiquement instable, maintenu à faible niveau d’ébullition. Cette instabilité provoque une évaporation continue à travers la peau, entraînant une perte progressive de liquide vital que les asewdims doivent compenser en consommant régulièrement du sang frais.
Cette évaporation libère également un composé hormonal volatil. Inhalé par une autre espèce, celui-ci atteint le cerveau par l’oxygénation sanguine et déclenche une peur aiguë, pouvant provoquer panique, désorientation et paralysie partielle. L’effet s’intensifie à proximité d’un asewdim et durant une chasse active.
Le sang des asewdims est toxique pour les autres espèces. Introduit en quantité importante dans leur organisme, il provoque une coagulation systémique massive et un effondrement circulatoire pouvant entraîner la mort en vingt à trente minutes.
Un asewdim peut toutefois effectuer une injection contrôlée grâce à ses crocs. En modulant la pression musculaire à leur base, il introduit une faible quantité de son sang dans le système sanguin d’une victime sans lui retirer de volume significatif. Cette contamination altère progressivement sa physiologie et déclenche une transformation douloureuse, violente et irréversible. La plupart des sujets meurent durant le processus ; les survivants deviennent des asewdims et sont intégrés au clan Asewdim, ou éliminés s’ils sont considérés comme instables.
L’origine des asewdims était intimement liée à celle des idammen. Les premiers récits racontaient qu’un jour, un être consomma le cœur d’un idamman.
Les idammen étaient une espèce humanoïde créée à l’origine en petit nombre par Maïhuni. Leur organisme était conçu pour posséder une relation particulière avec le flus. Au fil du temps, ils devinrent cependant la cible de nombreuses convoitises. Beaucoup étaient chassés, capturés, tués puis consommés vivants, leur sang étant recherché pour ses propriétés curatives. Ces persécutions réduisirent fortement leur population, faisant des idammen une espèce extrêmement rare.
Les idammen étaient exclusivement carnivores, leur système digestif étant entièrement adapté à la consommation de chair. Toutefois, il présentait une préférence biologique particulière pour le sang, qu’il assimilait plus facilement et plus efficacement que les autres aliments.
Leur particularité principale résidait dans leur sens du goût, directement lié à leur perception du flus. Leur corps était recouvert de microscopiques papilles gustatives, capables de détecter les variations de flus présentes dans leur environnement.
Ils pouvaient ainsi reconnaître le goût du flus propre à chaque individu, différencier plusieurs êtres, repérer la présence récente d’une créature ou détecter un flus affaibli, perturbé ou altéré. Un idamman expérimenté pouvait même distinguer certaines espèces ou suivre les traces laissées par un individu.
Leur sang possédait également des propriétés régénératrices exceptionnelles. Lorsqu’il était consommé par un autre organisme, il accélérait considérablement la guérison et pouvait permettre à des blessures graves de se refermer en très peu de temps.
Enfin, le cœur d’un idamman, lorsqu’il était consommé entièrement ou partiellement, empoisonnait et provoquait une transformation irréversible chez celui qui l’ingérait. Les survivants voyaient leur biologie entièrement modifiée et devenaient des asewdims, abandonnant définitivement leur ancienne espèce.

Les Daēvas Primordiaux, également connues sous le nom des Premiers Démons, furent les premières créations de Naïhuni, mises au monde après que Maïhuni lui eut enseigné la méthode. Contrairement aux daēvas instables connus aujourd’hui, ces êtres étaient des entités colossales, culminant à plusieurs centaines de mètres de hauteur, certaines atteignant près de 300 mètres. Chacune possédait une forme unique et monstrueuse.
Ils étaient des êtres de pure fureur destructrice, existant dans un état de rage perpétuelle. Partout où ils erraient à travers Tamurt, la terre elle-même était violentement remodelée sous leur passage. Les montagnes s’élevaient, les plaines étaient aplaties, et d’immenses gouffres s’ouvraient. Selon les enseignements hunnites, une grande partie de la topographie actuelle du monde est le résultat involontaire de leurs rampages.
Leur existence devint une crise seulement lorsqu’il devint clair qu’aucune vie fragile ne pouvait survivre dans un monde dominé par de tels êtres cataclysmiques. Maïhuni le comprit en premier, mais n’osa pas affronter Naïhuni, qui était devenu fasciné, peut-être même enamouré, de ses créations et continuait à en produire. C’est Daïhuni qui intervint finalement.
Voyant que Tamurt ne pourrait jamais soutenir les êtres vivants que Maïhuni s’efforçait de cultiver, Daïhuni prit une décision décisive et irréversible. Plutôt que de confronter Naïhuni directement, il inscrivit l’extinction des Daēvas Primordiaux dans la ligne temporelle elle-même.
En un instant, à travers le monde, chaque Daēva Primordial mourut simultanément. Leurs gigantesques corps s’effondrèrent, secouant la terre au moment de l’impact. Leur extinction marqua la fin de l’Âge des Colosses, et le début d’un monde où la vie fragile eut enfin la chance de perdurer.
Les daēvas, un terme issu de la mythologie iranienne ancienne, sont des esprits démoniaques malveillants créés par Naïhuni.
Selon la légende, ils sont nés de sa salive après l’extinction des daēvas primordiaux, et diffèrent profondément de leurs prédécesseurs anciens.
Aujourd’hui, les daēvas, également appelés démons, ont été scellés dans les profondeurs souterraines les plus inaccessibles imaginables. Cet emprisonnement par les humains était jugé nécessaire, car leur présence engendre inévitablement décomposition, conflit et mort.
Les daēvas ne possèdent pas de forme fixe réelle. Ils existent principalement sous la forme de masses changeantes de flux fantomatiques, prenant parfois des silhouettes vaguement humanoïdes lorsqu’ils sont observés. Lorsque plusieurs se rassemblent, ils forment souvent des mares visqueuses verdâtres qui ondulent comme vivantes. En raison de leur matérialité spectrale, ils échappent à toute interaction physique et ne peuvent être touchés que par le flux.
Les daēvas sont intrinsèquement vicieux. Ils sont perpétuellement hostiles, même entre eux. Dans leur nature chaotique, ils s’affrontent souvent et tentent de se consommer mutuellement, cherchant la domination par absorption.
Un daēva se nourrit du flus des êtres vivants assez malchanceux pour le rencontrer. Il draine ses victimes en passant directement à travers leurs corps, saisissant des portions de leurs flus et les aspirant. Chaque passage affaiblit davantage la victime ; après plusieurs passages, l’être vivant meurt inévitablement, complètement épuisé de flus.
Cependant, lorsqu’un daēva a absorbé suffisamment de flus, il peut accumuler assez de puissance pour posséder un vaisseau physique. Cela peut être un objet, un cadavre, ou plus rarement un hôte vivant. La plupart des daēvas n’ont pas la force individuelle pour maintenir une possession stable, et infestent donc couramment des masses de pierre ou des formations rocheuses, les animant en corps grossiers semblables à des golems.
Dans ces cas, plusieurs daēvas peuvent habiter la même construction. Plutôt que de coopérer, ils s’engagent dans une lutte interne constante pour le contrôle dominant. Le contrôle peut changer brusquement lorsqu’un daēva surpasse temporairement les autres.

Les savants hunnites désignent sous le nom de daēvas sepid, ou plus simplement sepid, les daēvas ayant atteint un niveau d’évolution supérieur. Leur apparition se caractérise par une transformation de leur corps en flux verdâtre en un flux blanc, donnant son nom à cette catégorie. Ils sont animés par un instinct plus grand de prédation, de cannibalisme et de domination, chaque esprit cherchant à absorber ses semblables afin de renforcer sa propre existence. Les sepid connaissent plusieurs stades d’évolution, chacun représentant une progression de leur puissance, de leur individualité et de leur maîtrise de leur forme, leur permettant progressivement de s’éloigner de leur nature originelle.
Les drujs constituent le premier et le plus faible des stades des sepid. Ils sont de loin la forme de sepid la plus répandue et possèdent généralement très peu d’individualité, leur comportement étant principalement guidé par leurs instincts. Un druj naît de la fusion d’un grand nombre de daēvas, formant une entité unique au corps gigantesque et monstrueux.
Leur apparence est généralement non humanoïde et leur corps massif est recouvert d’une matière blanche semblable à de la chair durcie, ainsi que d'un visage dépourvu de véritables traits humains. Leur silhouette varie légèrement selon les daēvas qui les composent, mais tous partagent cette apparence imposante et inhumaine.
Bien qu’ils possèdent une quantité considérable de flus comparée à celle des daēvas ordinaires, les drujs sont généralement lents, peu intelligents et extrêmement agressifs. Ils se déplacent souvent en groupes et s’attaquent aussi bien aux êtres vivants qu’aux autres daēvas, cherchant constamment à absorber leurs flus afin d’accroître leur puissance. La plupart des drujs sont incapables de distinguer clairement les différents esprits qui composent leur corps, leur conscience collective étant dominée par un instinct permanent de consommation et de destruction.
Dans de rares cas, cependant, l’un des daēvas qui composent le druj peut commencer à imposer sa volonté aux autres, entraînant les premiers changements dans sa forme et ouvrant la possibilité d’une évolution vers un stade supérieur.
Les amesha constituent le deuxième stade d’évolution des sepid, succédant aux drujs. Ils sont beaucoup moins nombreux que ces derniers et possèdent une individualité bien plus développée, leur permettant de penser et d’agir de manière autonome. Leur corps est plus petit et plus complexe, pouvant adopter des formes très variées, généralement partiellement humanoïdes, avec des traits animaux. Ils sont également beaucoup plus intelligents et puissants que les drujs, ce qui leur permet de dominer les autres sepid et de chasser de manière plus organisée. Les Amesha continuent cependant de dépendre de l’absorption des flus pour maintenir et accroître leur puissance, et certains cherchent constamment à dévorer d’autres sepid afin de poursuivre leur évolution.
Parmi les Amesha, certains individus exceptionnellement puissants développent une forme particulière appelée Amesha Angra, signifiant « immortel malfaisant ». Ces êtres sont extrêmement rares et se distinguent par une apparence beaucoup plus proche de celle des humains. Leur corps devient plus fin et mieux proportionné, tandis que les individus les plus puissants développent de nombreuses caractéristiques humaines, comme une peau, des yeux, des mains ou un véritable visage. Malgré cette apparence, ils restent profondément démoniaques et conservent leur nature prédatrice. Les Amesha Angra représentent ainsi le plus haut degré d’évolution des Amesha avant leur dernière transformation.
Lorsqu’un sepid accumule une quantité excessive de flus en consommant ses semblables, son corps finit par atteindre sa limite de saturation, propre à chaque individu. Cette limite varie d’un sepid à l’autre : certains sont capables d’accumuler une quantité considérable de flus avant d’évoluer, tandis que d’autres atteignent leur limite bien plus rapidement et peuvent ainsi exploser avant d’atteindre le stade suivant. Incapable de contenir davantage d’énergie, l’enveloppe du sepid commence à se fissurer puis à se déformer, tandis que les flus accumulés deviennent incontrôlables. Finalement, son corps explose sous la pression, libérant brutalement toute l’énergie qu’il avait emmagasinée. De cette explosion émerge une nouvelle forme, débarrassée de l’ancienne enveloppe démoniaque : une apparence beaucoup plus humaine, stable et entièrement adaptée à la puissance nouvellement acquise. Ceci marque la naissance d’un raēša.
Les raēšas prennent généralement une forme humanoïde, leur transformation faisant disparaître la majeure partie de l’imposante enveloppe propre aux amesha. Leur apparence peut toutefois varier considérablement d’un individu à l’autre : certains adoptent une forme presque entièrement humaine, tandis que d’autres conservent de nombreux traits démoniaques hérités de leur ancienne apparence. Plus un raēša conserve de caractéristiques monstrueuses, plus son apparence reflète la forme qu’il possédait avant sa transformation. Toutefois, l’acquisition de cette nouvelle enveloppe a un prix : en abandonnant sa structure spectrale, le raēša perd son invulnérabilité aux coups non renforcés par le flux.
Tous les raēšas conservent néanmoins des vestiges de leur forme de sepid, qui peuvent se manifester sous la forme de fragments de masque, de cornes, de griffes, de crocs ou de protubérances. Ces éléments sont propres à chaque individu et peuvent également apparaître ou se modifier lorsque le raēša libère son amrig. Leur corps possède également un vide caractéristique, vestige de l’explosion ayant détruit leur ancienne enveloppe et de la quantité de flus qui s’y trouvait.
Généralement, lorsqu’un raēša achève sa transformation, s’accroche au premier vestige de son ancien corps qu’il trouve. Ce vestige devient alors son amrig. Le fragment conserve une partie de son flus, ainsi qu’une trace de la puissance qu’il possédait avant sa transformation, et constitue ainsi le réceptacle de ses pouvoirs. Avec le temps, l’amrig devient indissociable de son propriétaire et prend généralement la forme d’une arme, servant au raēša aussi bien à canaliser son flux qu’à combattre. L’amrig n’est donc pas une arme ordinaire : il reste lié au corps originel du raēša et renferme une partie de ce qu’il était avant de devenir ce qu’il est désormais.
La frašegird, signifiant « résurrection », est la libération complète des pouvoirs contenus dans l’amrig. Lorsqu’un raēša libère son amrig, il déverrouille le flux qui y est contenu et retrouve temporairement une forme plus proche de celle qu’il possédait avant sa transformation, révélant ainsi sa véritable puissance. La frašegird augmente considérablement ses capacités physiques ainsi que la puissance de son flux, et permet également au raēša de développer une capacité unique, directement liée à son ancienne forme de sepid, à la nature de son flux ou à la manière dont il a évolué, qu'il ait été simple daēva, druj ou amesha. Cette capacité est propre à chaque individu et constitue l’une des manifestations les plus personnelles de sa puissance. Elle peut prendre des formes très variées selon le raēša et ne peut être reproduite par un autre individu, même lorsque celui-ci possède une nature ou une forme similaire.
L'apparence obtenue varie d’un raēša à l’autre et reflète généralement les caractéristiques de son ancien corps, certains retrouvant une apparence presque identique à celle qu’ils possédaient autrefois, tandis que d’autres présentent une forme profondément transformée. L’amrig peut également subir une modification ou disparaître complètement durant la libération, son essence étant temporairement réintégrée au corps du raēša. Une fois la frašegird terminée, le raēša reprend sa forme humanoïde habituelle et son amrig se reconstitue.
Les Zekes (prononcé « zé-ké ») sont des entités uniques qui incarnent les concepts fondamentaux des êtres vivants. Ils ne sont pas simplement associés à ces concepts : ils sont le concept lui-même. Chaque zeke peut représenter une notion telle que colère, peur, amour, mémoire, maladie, ou toute autre caractéristique intrinsèque de la vie. Dans leur forme originale, les zekes possèdent une maîtrise totale et instinctive du concept qu’ils incarnent, ce qui leur permet d’affecter les êtres vivants et le monde selon ce concept.
Les zekes n’ont pas d’apparence fixe. Leur forme est modelée par l’esprit qui les perçoit. Le même zeke peut apparaître différemment selon la personne qui l’observe ou l’invoque. Ils ont été créés par Maïhuni à l’aube de la vie pour aider à définir ce que signifie être un être vivant, y compris ses forces, ses faiblesses, et toutes ses caractéristiques fondamentales. Ils ont joué un rôle central dans l’organisation et la compréhension de l’existence.
Cependant, les zekes ne sont pas intrinsèquement bienveillants ni malveillants. Leur comportement dépend de leur nature conceptuelle et de l’environnement. Par exemple, Deimozeke, le Zeke de la peur, pouvait provoquer la terreur dans un village entier, déclenchant des phobies incontrôlables et des conflits internes parmi ses habitants. Même un être puissant comme Saïhuni, lorsqu’il était privé de ses pouvoirs divins, ne pouvait pas compétir avec l’influence totale d’un zeke incarné.
Après l’ascension de Saïhuni, les zekes furent bannis du plan matériel et condamnés à errer dans un plan immatériel, où ils n’ont aucun impact direct sur le monde. Leur absence continue de soulever des questions au sein de l’Église Hunnite, qui débat de leur rôle et de leur nature. Dans de rares cas, des êtres extrêmement puissants ont réussi à libérer un zeke, soit en lui donnant un corps physique pour l’habiter, vivant ou mort, soit en le ramenant directement depuis le plan immatériel. Cette opération est extrêmement risquée, car un zeke libéré retrouve l’ampleur complète de ses capacités, pouvant avoir des conséquences catastrophiques.

Deimozeke, Zeke de la peur
Espèces de Tamurt